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Les Tribunes - 23 avril 2021

2030, l’année de tous les dangers (Tribune)

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Tribune rédigée par Philippe Leduc, initialement publiée sur le blog du Think Tank Economie Santé.

La densité des médecins en France va diminuer jusqu’aux alentours de 2030. Date à laquelle les babyboomers de l’après-guerre vont entrer en nombre dans une phase de leur vie plus fragile. L’effet de ciseau risque d’être redoutable.

Dr Philippe Leduc, médecin, journaliste santé et auteur du blog Think Tank Economie santé, groupe Les Echos.
Dr Philippe Leduc, médecin, journaliste santé et auteur du blog Think Tank Economie santé, groupe Les Echos.

La Drees* vient de publier ses projections qui ne sont pas des prévisions mais une hypothèse, à législation et comportements constants.

Si l’on tient compte de l’augmentation de la population et de la hausse de la demande de soins liée au vieillissement, la densité médicale diminuerait de 5% jusqu’à 2028 pour ne revenir à son niveau d’aujourd’hui qu’en 2035 et ensuite fortement progresser : +23% en 2050 par rapport à 2021.

Si le nombre d’étudiants en médecine était augmenté de 20% dès à présent, le creux démographique serait comblé trois ans plus tôt mais en 2050 le sursaut serait de 37%. Ce décrochage est nettement plus marqué pour les médecins généralistes qui ont déjà vu leur nombre se réduire de 5,6% depuis 2012 (+6,4% pour les spécialistes).

Accélérer aujourd’hui, freiner demain

L’enjeu est donc d’accélérer aujourd’hui et de freiner demain, de combler la pénurie annoncée sans créer une pléthore après. Comment surtout augmenter l’offre de soins en médecine générale ? Dont le rôle est essentiel pour la prévention, le repérage, le dépistage et la prise en charge des fragilités qui conduiront à des pathologies chroniques et entraveront l’espérance de vie en bonne santé. Comment rendre le métier de ces praticiens plus attractif alors que la rémunération des autres spécialistes est en moyenne plus élevée de 50% ?

D’autres pistes de solution doivent être activées avec plus de vigueur. En particulier les assistants médicaux, encouragées par l’Assurance maladie, pour redonner du temps médical aux praticiens, mais dont le nombre n’est encore que de 1814. Et surtout les coopérations entre professionnels de santé (on ne parle plus de délégation de tâches) qui doivent être stimulées. La crise sanitaire a suscité des vocations chez les pharmaciens, les infirmiers, les psychologues, etc.

En 2030, si une forte grippe sévit ou une Covid-30 surgit, on risque de se trouver fort démuni !

* Les Dossiers de la Drees N°76 Mars 2021. Quelle démographie récente et à venir pour les professions médicales et pharmaceutique ? Constat et projections démographiques. Marie Anguis, Maxime Bergeat, Jacques Pisarik, Noémie Vergier, Hélène Chaput.

Lire la tribune sur le blog du Think Tank Economie Santé

 



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