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Les Tribunes - 19 mars 2021

Covid-19 : comment anticiper les prochains déficits de la Sécu, 38,6 milliards d’euros en 2020 (Tribune)

Covid-19 : comment anticiper les prochains déficits de la Sécu, 38,6 milliards d'euros en 2020 (Tribune)

Tribune rédigée par Philippe Leduc, initialement publiée sur le blog du Think Tank Economie Santé.

Le déficit de la Sécu, en 2020, est le plus élevé jamais enregistré : 38,6 Md€ contre 1,9 Md€ en 2019. En 2010, avec la crise financière il n’avait été « que » de 28 Md€. Il s’élève à 30,4 Md€ pour l’Assurance maladie (1,5 Md€ en 2019).

Dr Philippe Leduc, médecin, journaliste santé et auteur du blog Think Tank Economie santé, groupe Les Echos.
Dr Philippe Leduc, médecin, journaliste santé et auteur du blog Think Tank Economie santé, groupe Les Echos.

La dette qui en résulte sera remboursée par la Cades*, comme c’est le cas depuis la création de celle-ci en 1996 pour une durée de 13 ans (jusqu’à 2009) et dont le terme a été à plusieurs reprises repoussé, encore l’an dernier de 2024 à 2033. Ce ne sont donc pas les générations futures qui payeront mais les cotisants et taxés de ces temps-ci.

Mais cette structure de financement doit urgemment et impérativement être repensée, car bancale, opaque et déresponsabilisante pour tous. Elle date de 25 ans et du plan Juppé.

De fait, la Cades qui rapporte quelque quinze milliards d’euros nets par an que beaucoup espéraient pouvoir utiliser à partir de 2024 pour la dépendance sert de soupapes de sécurité au système de santé. Elle fait de facto partie intégrante de l’équilibre des comptes sur le long terme.

Pour une logique globale de financement dans la durée

Après avoir apuré par l’État la dette liée au Covid, il serait plus judicieux de l’intégrer dans la logique globale du financement dans la durée et de cesser de vouloir à tout prix (et quel prix !) éviter les déficits par des plans de rigueur dont on a vu les effets néfastes, en particulier à l’hôpital.

Pour faire face aux crises sanitaires ou économiques mais aussi à la modernisation du système de santé il faut sortir des à-coups et refonder le financement du système de santé en partant des besoins et en s’appuyant sur un financement global moins lié aux aléas de l’économie par une part de CSG (universelle) qui doit continuer de croitre par rapport aux cotisations sociales (56% des recettes de la Sécu en 2019, 82% en 1981).

La réforme de l’Ondam est promise pour l’été, il faut en élargir le champ et la profondeur.

*Cades : Caisse d’amortissement de la dette sociale

Lire la tribune sur le blog du Think Tank Economie Santé

 

 



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