Tribunes & Focus

Les Contrepoints de la Santé - 28 juin 2021

Covid-19 : « l’objectif est de vacciner le maximum d’adultes et d’adolescents » (Débat)

À ce jour, un peu plus de 20 millions de personnes ont, en France, un schéma vaccinal complet. Alors que le rythme de la vaccination ralentit et que le gouvernement cherche de nouvelles façons d’atteindre l’immunité collectivede nombreuses et importantes questions subsistent. Pour y répondre, le Pr Alain Fischer, Président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, était, le 23 juin, l’invité des Contrepoints de la Santé, dont nous sommes partenaires média.

 

Obligation vaccinale, variants, bénéfice-risque

Le succès de la vaccination passe par l’immunité de groupe. Où en est-on ? Faut-il vraiment atteindre 90% de la population vaccinée pour obtenir la quasi disparition de l’épidémie de coronavirus Sars-CoV-2 en France ? Cela sera-t-il possible, face à l’essor de nouveaux variants particulièrement virulents, tels que le variant delta ?

Le rythme de vaccination tend à se ralentir, quels sont aujourd’hui les freins qu’il faut lever en France ? Au niveau mondial, faut-il libérer les brevets ?

Le Ministre de la Santé dit qu’il y recourra à l’obligation vaccinale pour les professionnels de santé, en particulier dans les Ehpad, si les réticences demeurent. Que faut-il penser ?

800 000, c’est le record de vaccination en une journée, c’est colossal. Mais ne faut-il pas, alors que la population restante à vacciner est en toute logique plus réticente, adapter la logistique et associer davantage les médecins, infirmiers et pharmaciens de ville avec en particulier des doses uniques ?

Dans un avis présenté le 22 juin 2021, la Haute Autorité de santé défend une vaccination « réactive » pour éviter une propagation du virus par des variants plus virulents. Déjà mis en place à Bordeaux, Brest et Strasbourg, elle vise à vacciner en priorité l’ensemble de l’entourage des cas positifs. Cela concernerait alors le foyer de la personne contaminée, les personnes proches sur le lieu de travail, à l’école ou à l’université. La HAS juge l’autre stratégie de vaccination répandue dite « en anneau » n’est pas pertinente, car ne concernant que les seuls cas contacts d’une personne positive. Que faut-il penser ?

Les jeunes ayant un très faible risque de forme grave de Covid-19, le rapport bénéfice-risque n’est-il pas, dans ces conditions, assez réduit, voire risqué ? L’immunité collective doit-elle primer ?

Les contre-indications aux vaccins anti-Covid sont très limitées. Que reste-t-il comme réelles contre-indications ? Quelle sécurité offre les vaccins ?

La France n’a pas mis au point de vaccin contre la Covid-19 alors qu’elle a une tradition et une expertise forte en ce domaine, qu’est-ce qui a cloché ? Dans quel état est la recherche française ?

La relation des Français avec la vaccination aura-t-elle changé au décours de cette crise ?

Après la première vague de vaccination, faudra-il se revacciner contre la Covid-19 ? Si oui, à quelle échéance, à quel rythme ? Y aura-t-il un système annuel comme pour la grippe ?

 

8 Français sur 10 vaccinés ou prêts à le faire

Le Pr Alain Fischer a répondu à l’ensemble de ces questions, tout en insistant sur la nécessité de vacciner le plus grand nombre de personnes, adultes comme adolescents, sans oublier les professionnels de santé et les personnes isolées, précaires et migrantes. Il a par ailleurs rappelé que « près d’un milliard d’habitants de cette planète ont été vaccinés de façon sûre et efficace avec des vaccins qui protège à à peu près 90% contre l’infection et à plus de 95% contre les formes graves de la maladie ».

Pour alimenter le débat, Odile Peixoto, directrice de BVA Santé, a présenté les résultats d’un sondage exclusif. Celui-ci révèle notamment que 79% des Français sont vaccinés ou prêts à le faire et que 46% des Français rejettent le principe de l’obligation vaccinale : la vaccination contre la Covid-19 doit selon eux rester volontaire.

Pour rappel, cette rencontre est animée par les journalistes Pascal MaurelPhilippe Leduc et Renaud Degas, qui est également directeur de la Veille Acteurs de Santé.


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