Tribunes & Focus

Les Contrepoints de la Santé - 19 avril 2021

Santé mentale : Il n’y a plus à tergiverser, « des mesures de fond sont indispensables » (Débat)

Pour débattre de l’organisation et du financement de la santé mentale et de la psychiatrie et, bien sûr, identifier les mesures à mettre en oeuvre pour faire face aux difficultés les plus criantes, Frank Bellivier, Délégué ministériel à la santé mentale et à la psychiatrie, et David Cohen, Chef du service de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent au sein de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP), étaient invités aux Contrepoints de la Santé le 15 avril dernier.

Un tiers des Français en état d’anxiété ou de dépression

De fait, la santé mentale des Français va mal. Selon l’étude Coviprev de Santé publique France, près d’un tiers des Français souffrent de syndromes anxieux ou dépressif, en particulier les précaires, les jeunes et ceux ayant des antécédents de troubles psychologiques. Des chiffres confirmés par le sondage exclusif BVA santé dévoilé à l’occasion des Contrepoints.

Or ce phénomène, accru par la crise Covid-19 – une crise à la fois sanitaire, économique et sociale – n’est pas nouveau. Les alertes, les rapports du Parlement ou de la Cour des comptes, les avis et proposition de loi se sont multipliés et amplifiés au cours des dernières années.

Si bien que le ministre de la Santé a appelé à une « refondation » et que le Président de la République lui-même a réclamé une stratégie de santé mentale – rien de moins – et des assises de la psychiatrie et de la santé mentale avant l’été.

Prévention, soins, repérage précoce, inclusion sociale

L’enjeu ? Identifier des mesures concrètes et pragmatiques applicables à court, moyen et long terme sur le plan de la prévention, des soins, du repérage précoce ou encore, de l’inclusion sociale, a détaillé Frank Bellivier le 15 avril, à l’occasion d’un débat des Contrepoints de la Santé dont la Veille Acteurs de santé est co-organisateur et relais média.

Ce qui implique des mesures d’urgence, telles que le « forfait psy » pour les jeunes – une « annonce très importante pour la discipline comme pour les jeunes et les familles » selon David Cohen et « une vraie bonne nouvelle » aux yeux de la Société française de pédiatrie – mais également « la poursuite du déploiement de mesures de fond », jugée « indispensable » par le Délégué ministériel à la santé mentale et à la psychiatrie.

Maillage territorial, financement, ressources humaines

Une réorganisation de l’offre territoriale, du mode de financement et des autorisations est donc nécessaire pour faciliter la mise en adéquation de l’offre avec les besoins, de même qu’un renforcement du nombre de personnels formés, a convenu Frank Bellivier pointant, en matière de psychiatrie et de santé mentale, « une inadéquation croissante entre une demande en forte hausse et une offre plutôt stagnante ». 

Un constat partagé par David Cohen. « On a, depuis octobre, une augmentation des demandes de soins. C’est une situation de nature épidémique », a alerté le Chef du service de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent de la Pitié Salpêtrière.

 

 


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