Tribunes & Focus

Les Contrepoints de la Santé - 20 janvier 2021

56 % des Français sont favorables à l’idée de se faire vacciner contre la Covid-19

Le débat des Contrepoints de la Santé du 19 janvier 2021 a été l’occasion d’évoquer les tendances analysées par l’institut BVA santé depuis plusieurs mois sur la perception des Français vis-à-vis de la vaccination contre la Covid-19. En voici les principaux enseignements.

 

Une fluctuation forte des intentions de vaccination contre la Covid-19

À ce jour, 56 % des Français sont favorables à l’idée de se faire vacciner contre le coronavirus Sars-CoV-2. Sur ce point, 28 % répondent « oui, certainement » et 28 % « oui, probablement ».

Une fluctuation forte des intentions de vaccination contre la Covid-19

 

Les intentions de vaccination début janvier ont repris le niveau qu’elles avaient au moment de l’annonce de l’arrivée de vaccins.

Les intentions de vaccination contre la Covid-19 début janvier ont repris le niveau qu’elles avaient au moment de l’annonce de l’arrivée de vaccins

 

Les intentions fluctuent selon de nombreux critères

Selon l’âge des Français interrogés, les réponses varient. Ainsi, 77% des 65 ans et plus aspirent à se faire vacciner contre la Covid-19, contre 45% des 25-24 ans et des 35-49 ans.

Les intentions de de vaccination contre la Covid-19 fluctuent selon l'âge

Selon le sexe également : les hommes sont plus enclins à se faire vacciner (68% vs 53%).

Les personnes habituées à se faire vacciner contre la grippe également (86%)

Pour Odile Peixoto, directrice de BVA Santé, on note de profonds clivages qui témoignent de nombreuses couches sous-jacentes d’ordre socio-culturel telles que :

  • la proximité partisane : les LREM (90%), les PS (75%) et les LR (71%) sont plus favorables à la vaccination que les Verts (56%), la FI (50%) ou le RN (43%)
  • la catégorie sociale : les cadres (69%), les employés & ouvriers (45%)

Elles témoignent d’un clivage ancré sur lequel se cristallise le sujet de la vaccination, … ainsi que beaucoup d’autres, relève Mme Peixoto.

 

Les raisons de ne pas vouloir se faire vacciner contre la Covid-19

La peur des effets secondaires, la rapidité de mise sur le marché sont les deux principaux freins.

Les raisons de ne pas vouloir se faire vacciner contre la Covid-19

Le noyau « d’antivax » fermement convaincus est faible, de l’ordre de 7% de la population.

 

Comment convaincre ceux qui ne veulent pas de faire vacciner

Plusieurs éléments sont susceptibles de renforcer la confiance des Français qui doutent, tels qu’un délai de réflexion plus important entre le moment où l’information sur le vaccin leur est donnée et l’injection, pour 27% d’entre eux ; ou encore, le fait que de nombreuses autres personnes autour d’eux se soient faites vacciner avant eux.

Comment convaincre ceux qui ne veulent pas de faire vacciner conte la Covid-19

 

La  démocratie sanitaire à l’épreuve

En conclusion, les Français ont envie de croire à un vaccin pour revivre normalement au plus vite, mais un climat de défiance s’est installé, relève BVA Santé. Cette défiance est ancienne, installée non seulement à l’encontre des politiques mais également de toutes les institutions (médias, entreprises…).

Ces derniers résultats montrent bien que l’humain est un animal social, sensible à l’expérience des autres et est un être de culture qui a besoin de comprendre, de déconstruire pour avancer et agir

Les messages fluctuants successifs consolident cette défiance (crise des masques, des tests et maintenant de la vaccination), poursuit BVA Santé.

Fluctuer, changer d’avis est normal en ces temps de crise où chaque jour permet d’améliorer nos connaissances sur ce virus… reste à partager ce sens de la culture scientifique, qui est toujours en mouvement.

 

S’inspirer des philosophes et des biologistes

Passer par les relais de confiance (associations, professionnels de santé de proximité…) et surtout laisser à chacun faire son chemin en lui donnant les outils pour se forger une opinion, avant de prendre sa décision semble le chemin, un peu aride mais vers lequel il faudrait tendre.

La société se polarise en « pro » et « anti » sur la vaccination mais sur bien d’autres sujets également. Ce simplisme accentué par les réseaux sociaux est totalement anachronique : nous sommes à l’épreuve du vivant, de sa complexité, de sa formidable capacité à tisser des alliances (vaccins, immunité, microbiome)… et plus que jamais, il convient de s’inspirer des philosophes et des biologistes.

La tâche est difficile mais renoncer à « allumer des flambeaux dans nos esprits » comme le disait Victor Hugo en 1848 à l’Assemblée nationale serait accepter cette facilité de la division binaire qui assèche l’imagination, bloque l’action, l’exprimentation et nous fait plonger dans le chaos, conclut l’Institut de sondage.

 

(Re)voir l’émission des Contrepoints de la Santé 

 


Les chiffres présentés, présentés par Odile Peixoto, directrice de BVA Santé lors du débat des Contrepoints de la Santé du 19 janvier 2021, sont issus de deux sources :

  • Sondage BVA pour Europe 1 du 23 novembre dernier (Echantillon de 1 002 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus – Représentativité assurée grâce à la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, professions de la personne de référence du ménage et de la personne interrogée, région et catégorie d’agglomération.
  • Sondage ODOXA pour Le Figaro du 3 janvier 2021 (Echantillon de 1 003 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus – Représentativité assurée grâce à la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, profession de la personne interrogée, niveau de diplôme, région et catégorie d’agglomération.

 

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