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Les Focus - 24 avril 2020

Les ECN, la Paces et les réformes des études médicales à l’épreuve du COVID-19

Chaque jeudi, Pascal Maurel, directeur de l’Université du change management en médecine (UC2m), fait le point sur la crise du coronavirus Covid-19 dans son émission UC2m News, dont nous sommes partenaires. Ce 23 avril a été l’occasion de rappeler l’engagement des jeunes dans la lutte contre l’épidémie ainsi que l’impact de celle-ci sur le déroulement des prochains examens des étudiants.

 

 

Une forte implication dans la crise du Covid-19

« Beaucoup d’internes sont venus renforcer les lignes de garde pour renforcer les filières de soins, de la régulation Samu jusqu’aux services de réanimation sans oublier les fonctions support de biologie et de radiologie », évoque Justin Breysse, président de l’Intersyndicale nationale des internes (Isni). 

Lamia Kerdjana, présidente de Jeunes Médecins Ile-de-France et anesthésiste-réanimatrice au sein de l’AP-HP, complète : « la réorganisation du temps de travail médical à l’hôpital Lariboisière a été possible grâce à la seniorisation des internes ». Quant aux externes, « ils ont aussi joué un rôle très important en prenant des contrats d’aide-soignants et d’infirmiers ».

Patrice Diot, président de la Conférence des doyens de médecine, a ainsi tenu à saluer « le formidable élan de solidarité dont ont fait preuve les étudiants de 2e cycle (externes), de 3e cycle (internes) mais aussi de 1er cycle ». Certains d’entre eux ont vu convertir les actions prévues dans le cadre du service sanitaire dans des actions de lutte contre le Covid-19, parmi lesquelles celle de répondre aux appels téléphoniques dans les centres de régulation.

La Paces et les ECN à l’heure du Covid-19 

En cette période d’épidémie, alors que du jour au lendemain les universités ont fermé, se posent également plusieurs questions. En particulier celle des examens facultaires, des ECN et du concours Paces.

Les épreuves de Paces « auront lieu la deuxième quinzaine de juin, principalement, dans des conditions sur lesquelles nous sommes en train de travailler », clarifie le président de la Conférence des doyens de médecine. Les dates, propres à chaque faculté, ont été « validées dernièrement par les ministères de tutelle », précise-t-il, invitant ainsi les étudiants à se renseigner auprès des universités pour connaître leur calendrier.

Afin d’éviter d’exposer les candidats, les doyens des facultés de médecine, présidents d’université et ministères travaillent actuellement à la mise en place des moyens nécessaires en termes de protection individuelle, de distanciation sociale etc.

Les épreuves nationales classantes (ECN) seront quant à elles organisées « la semaine du 6 au 10 juillet », poursuit Patrice Diot (prévues du 6 au 8 juillet, il n’est pas exclu qu’elles puissent, si nécessaire, s’étendre jusqu’au 10 juillet).

Protéger les étudiants en situation de fragilité

Dans quelles conditions se dérouleront ces épreuves ? « Il faut que nous soyons attentifs aux étudiants en situation de fragilité », afin de limiter leur risque d’exposition au virus, « et à ceux qui peuvent être confinés dans d’autres pays que la France », insiste M. Diot. Des travaux sont « en cours » pour prendre des mesures adéquates, avertit-il.

D’ici là, « il faut veiller aux étudiants actuellement isolés, seuls dans leur chambre universitaire, et qui n’ont peut-être pas accès aux outils numériques pour réviser correctement, ajoute Sébastien Villard, vice-président de l’Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF). Il faut les accompagner dans cette période difficile. »

Quant à la continuité pédagogique… « La priorité est la gestion de la crise du Covid-19. Il y a donc eu une nécessité de report de plusieurs obligations universitaires. Mais nous resterons vigilants, pour que notre formation soit bien reportée et rattrapée, et non annulée », glisse Matthieu Thomas, porte-parole de l’Intersyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale (ISNAR-IMG).

Quid de la réforme des études médicales ?

Reste la mise en place des réformes du 1er et du 2cycle, ainsi que la fin de celle du 3cycle.

« La réforme du 1er cycle, c’est-à-dire la réforme de l’entrée dans les études médicales, doit être mise en place à la rentrée. (…) Inscrite sur Parcoursup pour les jeunes qui préparent actuellement leur bac, il n’est pas possible ni question de la repousser. Il reste un travail à achever pour la mettre en place dans de bonnes conditions », détaille M. Diot. Une tâche « moins facile en période de confinement, d’autant plus qu’il faut des interactions entre enseignants en médecine et enseignants d’autres facultés ».

La réforme du 2cycle doit permettre « de sortir d’une logique d’empilement de connaissances » pour passer « à une approche par compétences », rappelle Patrice Diot. « L’arrivée du confinement fait qu’il nous est apparu impossible de réussir dans de bonnes conditions la mise en place à la rentrée de la réforme du 1er et du 2cycle. Cela nous a amené, à notre corps défendant, à demander aux ministères de repousser d’une année la mise en place de la réforme du 2cycle », pointe-t-il. Et ce, « tout en faisant profiter les étudiants qui entreront, à la rentrée, en 4année de médecine, des évolutions pédagogiques auxquelles nous sommes arrivés et que nous continuerons à développer à la rentrée prochaine ».

Par ailleurs, « les facultés de médecine ont fait des propositions d’augmentation du numerus clausus« , explique Patrice Diot. Fixé par le Gouvernement, c’est la dernière année qu’il s’appliquera. « Les doyens de facultés attendent impatiemment que l’arrêté soit publié ».

Certaines interrogations demeurent, enfin, en ce qui concerne la réforme du 3cycle, qui achève de se mettre en place. « Les inquiétudes sont décuplées avec l’épidémie », notamment vis-à-vis de la mise en place du « statut de docteur junior », relève Justin Breysse, qui appelle à ce que les nouvelles mesures se mettent en place « correctement ».

Lire les précisions du Gouvernement sur le calendrier des concours et des réformes pour les formations médicales, pharmaceutiques, odontologiques et maïeutique (24 avril).

 

Revoir les précédentes émissions de l’UC2m

Emission du 16/04 L’hôpital face au Covid-19: maintenant et après?
Emission du 9/04 La réaction de l’Europe vis-à-vis du Covid-19
Emission du 2/04 Covid-19: l’hôpital en attaque et en défense

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