Tribunes & Focus

Les Focus - 4 avril 2020

COVID-19 : organisation de combat, mobilisation ville-hôpital et solidarité

Jeudi 2 avril, Pascal Maurel, directeur de l’Université du Change management en médecine (UC2m) et membre du comité de pilotage éditorial de la Veille des acteurs de la Santé, a organisé une émission sur le thème « Covid-19 : l’hôpital en attaque et en défense », en présence de Thomas le Ludec, Directeur général du CHU de Montpellier et du Pr Jean Sibilia, Chef du service de rhumatologie du CHU de Strasbourg et Doyen de la Faculté de médecine de Strasbourg. L’occasion de faire le point sur l’organisation de l’hôpital dans le cadre de l’épidémie hors norme de coronavirus Covid-19 qui frappe actuellement le pays… mais aussi le monde entier. Aperçu.

 

 

Dans le Grand Est, région française la plus durement touchée par l’épidémie de Covid-19, « la situation s’est dégradée, comme on l’attendait depuis le week-end dernier, avec un afflux de malades gigantesque dans les hôpitaux », note, en préambule, le Pr Jean Sicilia, du CHU de Strasbourg. Ceux-ci sont atteints « de pneumopathies de forme grave » et un certain nombre d’entre eux se sont retrouvés dans les services de réanimation. « On est dans le tsunami qu’on attendait », détaille-t-il.

L’espoir d’un ralentissement de la vague de Covid-19

Avec un « brin d’espoir » malgré tout : « depuis maintenant deux jours, on a une sensation, à Strasbourg, Colmar et Mulhouse, peut-être, d’un ralentissement de cette vague ». Il est toutefois encore « trop tôt » pour se réjouir et la situation reste « assez terrible » et « extrêmement difficile pour les équipes soignantes ».

Et en Occitanie ? « Tout le monde est évidemment mobilisé depuis plusieurs semaines », résume Thomas le Ludec, DG du CHU de Montpellier. Les hôpitaux publics, « en première ligne », mais aussi les « hôpitaux privés » et « le réseau remarquable des médecins de ville » qui prennent en charge les patients à domicile ou qui « ont fermé leur cabinet et viennent donner un coup de main à l’hôpital ». Une dynamique qu’il salue et qu’il « faudra garder » selon lui.

Il reconnait vivre une période « intense », avec déjà « 33 jours d’affilée de présence et de veille de tous les instants » pour les équipes « médicales, paramédicales et de direction » au sein de son établissement. « Les gens sont un peu galvanisés par l’enjeu », poursuit-il, tout en expliquant qu’ils se retrouvent « parfois face à des situations chaotiques d’un jour à l’autre », notamment sur les aspects logistiques.

Montpellier face à l’épidémie depuis le 28 février

A Montpellier, « nous sommes mobilisés depuis le 28 février », rappelle Thomas le Ludec. Un premier cas contact a en effet été identifié le 27 février dans la ville sachant que, le 15 février, un premier cas suspect mais non positif avait été relevé. « C’est une actualité qui nous a dévoré », évoque-t-il, soulignant toutefois « la volonté de lutter et de se réorganiser » dont les équipes de terrain ont fait preuve et dont il se dit « très fier ». « Les élans de solidarité nous ont beaucoup touché et nous permettent de tenir », complète-t-il.

Un soutien de poids : « 33 jours, c’est long, mais nous avons encore au moins 33 jours devant nous », alerte-t-il. La situation dans la région n’est pas celle du Grand Est, le CHU de Montpellier a toutefois connu « une forte croissance d’activité la semaine dernière ». Elle « semble effectivement se tasser depuis dimanche-lundi », offrant un peu d’espoir, mais il faut « se méfier de cet espoir : il peut nous amener dans l’erreur », juge-t-il, très prudent.

Et de marteler : la courbe de l’épidémie « se tasse » mais elle « n’est pas cassée ». Or « il faudra la casser pour que véritablement nous sortions de cette crise incroyable ».

 


Pour aller plus loin

Le 27 mars 2020, était diffusée la première émission spéciale de l’UC2m sur la gestion du Covid-19 par notre système de santé, avec ⁦Pascal Maurel⁩, ⁦Filippo Monteleone, Président Fondateur de CAREIT, plateforme européenne de services 100% dédiés à la santé, Dominique Maigne⁩, Président de l’Agence nationale d’appui à la performance (ANAP), et Jean Sibilia. Pour revoir l’émission :

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