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Les Tribunes - 8 janvier 2021

« 500 000 jeunes aidants en France, un chiffre sans doute sous-évalué », estime l’association JADE

Tribune rédigée pour La Veille des Acteurs de la Santé par Pauline Sontag, Chargée de mission au sein de l’Association nationale Jeunes AiDants Ensemble (JADE) et rédactrice juridique spécialisée en droit de la santé et droits des usagers.

 

500 000 jeunes aidants en France. C’est le nombre avancé dès que la question est abordée mais en réalité, qu’en est-il ? Sans doute sous-évalué, il représenterait un enfant par classe, en situation d’aidance d’un proche. Mais les données officielles restent difficiles à trouver en ce qui concerne la place des jeunes aidants en France.

Alors comment mettre en lumière ces jeunes aidants et bousculer un statu quo lorsque les statistiques restent floues ? Comment faire avancer la recherche, sensibiliser les différents acteurs de la santé, du social, du médico-social en lien avec ces jeunes, accompagner au mieux tous ces enfants et adolescents si la littérature scientifique ne s’interroge pas à leur sujet ?

 

Pauline Sontag, Chargée de mission au sein de l'Association nationale Jeunes AiDants Ensemble (JADE), Rédactrice juridique spécialisée en droit de la santé et droits des usagers.
Pauline Sontag, Chargée de mission au sein de l’Association nationale Jeunes AiDants Ensemble (JADE), Rédactrice juridique spécialisée en droit de la santé et droits des usagers.

C’est de ces différents constats que sont nées les prémices de l’Association nationale Jeunes AiDants Ensemble, JADE. D’abord par le biais des ateliers cinéma-répit JADE, co-crées en 2014 par Françoise Ellien, psychologue clinicienne et directrice du réseau de santé plurithématique SPES et Isabelle Brocard, scénariste et réalisatrice. Ensuite, par la création de l’association nationale JADE elle-même en 2016.

Parallèlement aux ateliers, l’Association nationale JADE œuvre pour la reconnaissance de leur statut d’aidant ainsi que la prise en compte de leurs besoins. Cela passe par des actions de sensibilisation de tous les professionnels en contact avec ces jeunes (Éducation nationale, santé, etc…), par la mobilisation des pouvoirs publics, par l’information au plus grand nombre (colloques, webinaires, etc…).

 

Mais qui sont les jeunes aidants en France, aujourd’hui ?

Ils ont moins de dix-huit ans. Enfant ou adolescent, ils apportent une aide significative à un proche, souvent un parent, mais aussi un frère, une sœur, etc… Cela en raison d’un handicap ou d’une maladie mentale ou physique ou encore une dépendance. Ils participent à la gestion du domicile, des tâches ménagères, s’occupent des aspects médicaux, offrent un soutien moral, etc… tout en poursuivant, en parallèle, un parcours scolaire, en se fondant dans la masse. Invisibles, ces jeunes en situation d’aidance sont partout.

Autant positives que négatives, les conséquences de cette aide constante marquent le quotidien de ces jeunes. Elles peuvent se démarquer par une santé mentale et physique plus fragile (des troubles du sommeil, maux de tête, anxiété, etc.). Des incidences peuvent également avoir lieu sur la scolarité (absence, difficultés de concentration, déscolarisation, surinvestissement, etc.) et la vie sociale du jeune aidant (difficulté d’inviter des amis à la maison, etc.).

Par ailleurs, cette situation développe chez l’enfant ou l’adolescent, un sentiment de fierté et de maturité par rapport à ses camarades. La relation avec le proche aidé se fait plus complice, plus privilégiée. Et les jeunes acquièrent également des compétences techniques et humaines (gestion des rendez-vous, organisation, etc.)

Ces répercussions se doivent d’être identifiées, afin de les adresser au mieux et ainsi apporter des axes d’amélioration ou de valorisation.

 

 

Ces dernières années, le voile se lève peu à peu

Ces dernières années, un coin du voile qui masque le sujet, plutôt tabou en France, des aidants familiaux se lève peu à peu. La problématique est plus souvent abordée dans la sphère publique, dans le champ sanitaire et social. Le 23 octobre 2019, Édouard Philippe, alors Premier ministre, accompagné d’Agnès Buzyn, la ministre des Solidarités et de la Santé, ainsi que de Sophie Cluzel, secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, annonce la stratégie nationale de mobilisation et de soutien 2020 – 2022 : « Agir pour les aidants ». Dans ce plan, une priorité n°6 leur est dédiée : « Épauler les jeunes aidants ».

La porte est ouverte, le chemin est encore long mais en bonne voie, la voix des jeunes aidants à travers leurs confidences exprimées lors des ateliers JADE.

 


 

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