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La Veille sur BFM Business - 29 septembre 2019

Présentation du PLFSS pour 2020 : des économies pour pouvoir dépenser ?

Lundi 30 Septembre, Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé et Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics, ont rendu public le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2020, donnant ainsi le coup d’envoi d’un va-et-vient législatif entre l’Assemblée nationale et le Sénat de plusieurs mois. L’objectif ? Voter, d’ici le mois de décembre, le budget de la « Sécu » pour l’année prochaine.

La veille, Nathalie Coutinet, économiste à l’Université de Paris 13 et chercheur au Centre d’économie de Paris Nord, et Renaud Degas, directeur de La Veille des acteurs de la Santé et de l’agence Presse Infos+, faisaient le point sur ce sujet dans Les Experts de la Santé, séquence de BFM life sur BFM Business.

 

PLFSS 2020 : entre économies et investissements

Des économies pour pouvoir dépenser. Comme ses prédécesseurs, le PLFSS pour 2020 n’échappe pas à la règle. Il faut dire qu’avec la réforme du reste à charge zéro (« 100% Santé »), la réforme des urgences ou encore le coût croissant des soins lié aux nouvelles techniques médicales… la santé coûte cher. Sans compter les investissements à faire pour la transformation du système de santé voulue par le gouvernement avec son plan Ma santé 2022. Faut-il s’en plaindre ? « On est globalement mieux soignés, mais on ne veut pas en payer le prix », a déploré Nathalie Coutinet dimanche dernier, tout en estimant que « toujours vouloir limiter les dépenses de santé » est « une bêtise ». D’autant que pour elle, il faut regarder de près la construction du budget : pour elle, le Gouvernement a fabriqué un budget en déficit en supprimant des recettes.

Renaud Degas a quant à lui rappelé que tous les ans, le budget de l’Assurance maladie augmente (+2,3% en 2020) mais que cette augmentation ne suffit pas pour autant à compenser l’évolution naturelle des dépenses de santé, supérieure à 4% par an. Le tout, dans une période où la croissance économique n’est pas autant au rendez-vous qu’espéré. D’où l’importance « d’investir sur un certain nombre de sujets », tels que « l’articulation entre la ville et l’hôpital » ou encore la dépendance, véritable « bombe sociale et sanitaire ». Ce sujet nécessite en effet « une vraie réflexion », convient Nathalie Coutinet.

Par ailleurs, la Sécurité sociale comporte quatre banches : la maladie/maternité, donc, mais aussi les accidents du travail/maladies professionnelles, la famille et la retraite. C’est donc un équilibre global qu’il faut trouver.

Le replay de l’émission est disponible ici, à 15’43 :

 

Pénurie de médicaments : pas si simple

Enfin, les Experts de la santé sont revenus sur la question de la pénurie des médicaments. En effet, suite à l’annonce d’un certain nombre de mesures par le Premier ministre Edouard Philippe, destinées à éviter les ruptures de stocks, le Leem a demandé un moratoire sur la baisse des prix des produits pharmaceutiques dans le cadre du PLFSS.

Une proposition qui a fait bondir Nathalie Coudinet : « les pénuries sont en grande partie liées à l’organisation de la production des médicaments » mise en place par les labos, a-t-elle rappelé. Tout en insistant sur la « délocalisation » de la production et la « production en flux tendu », elle a ainsi pointé la responsabilité des fabricants. « Ce n’est pas seulement une question de prix », a-t-elle ainsi martelé.

Pour Renaud Degas, le rapport de la France avec les laboratoires pharmaceutiques est immature. Sans être naïf vis-à-vis des labos, il est nécessaire de mener une réflexion plus globale pour éviter des solutions trop simplistes et potentiellement contre-productives.

 

 

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