Les 9 chantiers du Dr Baron

Par le Pr Jean-Michel Chabot – Des patients qui évoluent, des professionnels qui se réorganisent pour mieux répondre aux demandes nouvelles… et au défi du développement des maladies chroniques. Des changements en cours en France, mais pas seulement. Regard sur les 9 chantiers décrits par le docteur Richard Baron, general internist, Président de l’American Board of Internal Medicine (ABIM).

 

D’abord, les malades changent…

Et pour ceux qui constituent déjà la plus grande partie de la charge de travail des professionnels, ils sont devenus « sachants » en même temps que leurs maladies devenaient chroniques.

Et ces mêmes professionnels – dont il faut louer la plasticité – s’organisent de manière à mieux répondre aux demandes des malades qui changent. L’évolution principale qui marque cette plasticité est la tendance forte au regroupement (pluri)professionnel et à un exercice qui s’organise, petit à petit, en « équipe ».

Et les systèmes d’information offrent des fonctionnalités essentielles à ces équipes en constitution (mais aussi quelques risques d’effets indésirables, plus ou moins en voie de résolution…).

 

Répondre au défi des maladies chroniques

En réalité toutes ces évolutions concernent l’ensemble des pays « développés ». C’est pourquoi il est utile de relire les préconisations* faites dès janvier 2014 par le docteur Richard Baron, general internist, lui-même exerçant au sein d’un groupe pluriprofessionnel à Philadelphie et de plus, président en exercice de l’American Board of Internal Medicine (ABIM) – l’une des structures professionnelles les plus influentes qui soient (et à ce titre confronté depuis le début de son mandat à la nécessité de faire évoluer la politique de recertification… on y reviendra).

Ainsi, le recentrage du système sur les soins primaires et l’ambulatoire afin de répondre au « défi » des maladies chroniques implique pas moins de neuf chantiers qui délimitent l’évolution à conduire. On retrouve :

  1. une organisation particulière pour les malades chroniques complexes ;
  2. un accès aux soins élargi H 24 et 7j/7 ;
  3. un retour d’expérience systématique, fondé en particulier sur l’avis des patients ;
  4. une politique d’amélioration de la qualité nourrie par un suivi d’indicateurs ;
  5. une coordination de l’ensemble des acteurs, en particulier avec les plateaux techniques, les soins spécialisés, les urgences et les services sociaux ;
  6. des processus de décision concertée ou partagée ;
  7. la mise en œuvre d’une communauté de formation permanente et d’excellence (ces items 5, 6 et 7 étant des déclinaisons d’un travail en équipe fondateur).
  8. un mode de rémunération des professionnels, adapté et synergique avec les évolutions en cours.
  9. et l’utilisation significative des systèmes d’information, dont on voit qu’ils sont déterminants sur les 8 points ci-dessus…

 

Source : Accelerating the Adoption of High-Value Primary Care — A New Provider Type under Medicare ? – http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMp1314933


Jean Michel Chabot
Professeur émérite de santé publique
Secrétaire de la conférence de Doyens médecine (1998-2002)
Conseiller du Ministre Jean François Mattéi (2002-2004)
Membre de la commission nationale des études de santé (2010-2017)
Conseiller médical de la présidence de la HAS (2010 – mai 2017)


 

Ajouter un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *