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Paroles de partenaires - 16 juillet 2026

Séverine Gobert, Directrice du salon : « SantExpo est devenu un lieu où l’ensemble de l’écosystème santé vient construire l’avenir »

Après une édition 2026 marquée par une hausse de la fréquentation malgré un contexte budgétaire tendu, Séverine Gobert, Directrice du salon SantExpo, revient sur les principaux enseignements du salon. Elle détaille également, pour La Veille Acteurs de santé, les grandes orientations de l’édition 2027, qui devrait faire de l’innovation un axe encore plus structurant.

 Entretien par Renaud Degas, Directeur de publication de La Veille acteurs de santé.

  

SantExpo 2026 a réuni plus de 37 000 participants. Quel bilan tirez-vous de cette édition ?

Séverine Gobert – Nous sommes très satisfaits. Cette année, nous avons accueilli 37 180 participants contre 35 150 en 2025, soit une progression d’environ 6 %. C’est une hausse significative, d’autant qu’elle intervient après une édition 2025 qui avait déjà enregistré une croissance exceptionnelle.

Dans un contexte marqué par de forts arbitrages budgétaires dans les entreprises et les établissements, cette progression constitue une vraie performance. Malgré certains ajustements de surfaces et des décisions d’engagement parfois plus tardives, SantExpo a conservé une dynamique forte, avec 696 exposants présents.

 

Ce contexte économique a-t-il pesé sur l’organisation du salon ?

S.G. – Oui, très clairement. Nous l’avons ressenti en cours de commercialisation. Certaines entreprises ont revu leurs engagements à la baisse après leur réservation initiale. C’est une tendance que l’on retrouve dans de nombreux secteurs d’activité.

Mais nous avons aussi enregistré l’arrivée de nouveaux exposants et de nombreuses start-up. Cela montre qu’il existe toujours une volonté forte de venir présenter ses innovations et rencontrer les décideurs du secteur.

 

« Nous sommes passés de 242 en 2025 à 304 prises de parole, avec 749 intervenants contre 530 l’année précédente. »

 

Qu’est-ce qui a particulièrement bien fonctionné cette année ?

S.G. – La qualité des échanges est probablement l’élément qui revient le plus souvent dans les retours des exposants comme des visiteurs. Nous avons également constaté un retour marqué du secteur médico-social, ce qui était l’un de nos objectifs.

Le contenu a aussi connu une montée en puissance. Nous sommes passés de 242 à 304 prises de parole, avec 749 intervenants contre 530 l’année précédente. Nous avons même dû créer un nouvel espace d’agora pour répondre à la demande.

Les nouveaux espaces de pitch dédiés aux start-up et aux métiers ont également bien fonctionné. Les participants ont apprécié ces formats plus courts et plus interactifs.

 

Vous avez également cherché à élargir les publics présents sur le salon. Est-ce une orientation assumée ?

S.G. – Absolument. Nous avons renforcé notre travail auprès des collectivités territoriales, des élus locaux, des acteurs de la santé de ville et des professionnels libéraux.

Il faut rappeler que SantExpo est historiquement ancré dans l’hôpital public, et cet ADN reste fondamental. À partir de ce point d’ancrage, le salon a vocation à réunir plus largement tous ceux qui contribuent aux parcours de santé : établissements publics et privés, professionnels libéraux, collectivités, industriels et acteurs de l’innovation.

Cette évolution est menée en concertation étroite avec la Fédération hospitalière de France (FHF). Nous échangeons en permanence sur les orientations du salon.

 

Quels ont été les temps forts de cette édition ?

S.G. – L’inauguration avec Arnaud Robinet et la ministre de la Santé Stéphanie Rist a naturellement constitué un moment majeur. Nous avons également accueilli de nombreuses personnalités politiques et institutionnelles.

Parmi les nouveautés, plusieurs initiatives ont particulièrement retenu l’attention : les conférences consacrées aux fake news en santé, les séances de dédicaces d’auteurs, le ciné-club santé, les animations autour des métiers hospitaliers ou encore la présence d’influenceurs médecins et professionnels de santé créateurs de contenus.

Nous avons également organisé pour la première fois une session de pitchs devant des investisseurs. Quatorze start-up ont présenté leurs projets à un panel d’investisseurs spécialisés. C’était un format expérimental, mis en place assez tardivement, mais qui a rencontré un vrai succès.

 

Y a-t-il eu des points de déception ou des axes d’amélioration ?

S.G. – Nous avons notamment identifié des marges de progression sur certains parcours experts. Nous souhaitons renforcer leur préparation en amont avec nos partenaires, mieux accompagner leur communication et rendre ces parcours encore plus visibles et lisibles pour les visiteurs.

Concernant les espaces de pitch, nous souhaitons également mieux préparer les intervenants. Présenter une innovation en quelques minutes devant un public est un exercice exigeant qui nécessite un accompagnement spécifique.

 

« En 2027, l’innovation sera encore plus visible »

 

Quelles seront les grandes priorités pour l’édition 2027 ?

S.G. – Notre priorité est claire : mieux mettre en valeur l’innovation sous toutes ses formes. Aujourd’hui, l’innovation est présente partout dans SantExpo, mais elle reste parfois dispersée. Nous souhaitons lui donner davantage de visibilité en créant un secteur dédié, situé à proximité de l’entrée du salon.

On y retrouvera bien sûr les start-up, mais pas uniquement. L’objectif est également de mettre en avant les innovations portées par les grands groupes, les établissements de santé, les incubateurs ou encore les tiers-lieux.

 

Quand vous parlez d’innovation, s’agit-il uniquement d’innovation technologique ?

S.G. – Pas du tout. L’innovation peut être technologique, scientifique ou médicale, mais elle peut aussi être organisationnelle. De nombreuses transformations du système de santé reposent aujourd’hui sur de nouveaux modes d’organisation. C’est un sujet qui est revenu très souvent dans les conférences de cette édition.

Nous voulons refléter cette diversité et montrer comment les innovations transforment concrètement les pratiques sur le terrain.

 

« Nous réfléchissons à des formats plus ambitieux, avec davantage de start-up, une présence renforcée d’investisseurs et peut-être la création de prix dédiés. »

 

Vous souhaitez également renforcer les liens avec les investisseurs ?

S.G. – Oui. Le succès de notre première session de pitchs nous encourage à aller plus loin. Nous réfléchissons à des formats plus ambitieux, avec davantage de start-up, une présence renforcée d’investisseurs et peut-être la création de prix dédiés. Nous souhaitons également travailler plus étroitement avec les incubateurs et les acteurs régionaux qui soutiennent l’innovation en santé.

L’enjeu n’est pas seulement d’aider les jeunes pousses à émerger, mais aussi d’accompagner leur changement d’échelle.

 

Autre nouveauté marquante : la place accordée aux influenceurs santé. Pourquoi ce choix ?

S.G. – Parce qu’ils constituent aujourd’hui des relais d’information importants au sein de l’écosystème. Nous avons travaillé avec des médecins et professionnels de santé qui disposent de communautés engagées.

Ils apportent un regard différent, contribuent à diffuser les innovations et favorisent le partage d’expériences. Leur participation a été très appréciée et nous souhaitons développer davantage cet axe.

 

Enfin, quels sont les autres sujets en réflexion ?

S.G. – Le recrutement reste un sujet important. Nous avons testé de nouveaux dispositifs cette année et constaté un réel intérêt des participants. En revanche, les besoins des établissements et des employeurs évoluent rapidement. Nous poursuivons donc notre réflexion pour mieux répondre aux enjeux de recrutement, de reconversion professionnelle et de montée en compétences.

Plus globalement, notre ambition est de continuer à faire évoluer SantExpo tout en restant fidèle à son ADN. Le salon doit rester le lieu où se rencontrent les décideurs, les soignants, les industriels, les collectivités et les innovateurs pour construire ensemble les transformations du système de santé.

 

 


Côté coulisses

 

Combien de temps faut-il pour préparer un salon comme SantExpo et quelles ressources cela mobilise-t-il ?

Séverine Gobert – C’est véritablement un travail à l’année. En réalité, la préparation de l’édition suivante commence dès le salon en cours. Pendant les trois jours de l’événement, nous sommes déjà en train de rencontrer des exposants pour préparer leur participation à l’année suivante. Près de la moitié des réservations sont d’ailleurs initiées directement sur place.

Parallèlement, nous travaillons déjà sur les évolutions futures. Par exemple, les réflexions sur l’édition 2027 ont commencé avant même la clôture de SantExpo 2026, notamment sur la création du futur espace dédié à l’innovation.

En termes de ressources humaines, l’organisation mobilise une vingtaine de collaborateurs tout au long de l’année. Cela représente plusieurs équipes : le pôle commercial, le marketing et la communication, ainsi que les équipes production, logistique et technique. À certaines périodes, notamment dans les mois qui précèdent l’ouverture, des renforts viennent compléter le dispositif.

Il faut également coordonner un très grand nombre de prestataires et travailler en étroite collaboration avec la Fédération hospitalière de France. La signalétique, la logistique, les contenus, les partenariats, la communication ou encore l’analyse des résultats représentent des chantiers considérables. Une fois le salon terminé, un important travail de bilan et d’évaluation commence afin d’identifier ce qui a fonctionné, ce qui doit être amélioré et les évolutions à mettre en œuvre pour l’édition suivante.

 

SantExpo continue par ailleurs de grandir. Disposez-vous encore de marges de développement ?

S.G. – Oui. Aujourd’hui, SantExpo occupe environ 35 000 m² dans le Hall 1 de Paris Expo Porte de Versailles, contre 33 000 m² auparavant. Nous disposons encore d’une certaine capacité d’extension si cela devenait nécessaire. Mais l’objectif n’est pas de grandir pour grandir. Il faut préserver une circulation fluide, une ambiance conviviale et une véritable densité de rencontres. L’enjeu est avant tout de continuer à améliorer l’expérience des participants plutôt que d’augmenter mécaniquement les surfaces.


 

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