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L’oeil de la rédaction - 12 mars 2026

Élections municipales : les pistes des maires de France pour lutter contre les déserts médicaux

À l’occasion des élections municipales dont le premier tour se déroulera ce dimanche 15 mars 2026, Hospimedia.fr a remis en lumière une note de l’Association des maires de France (AMF), datant de juin 2025, relative à la « lutte contre les déserts médicaux et l’accès aux soins ». Les maires de France entendent en effet avoir leur mot à dire sur cette problématique et participer au débat. Synthèse des pistes qu’ils proposent.

Par Alexandre Terrini

 

Délégation de tâches et accès direct

Comme elle l’avait déjà fait en 2022, à l’occasion de l’élection présidentielle, l’AMF préconise :

  • d’orienter davantage la pratique des médecins de premier recours dont l’installation et l’exercice seraient soumis à conditions dans les zones où l’offre de soins est déjà élevée. Par ailleurs, il conviendrait d’étudier la faisabilité et l’opportunité d’un conditionnement du conventionnement et d’une obligation d’installation temporaire dans les zones sous-dotées.
  • d’encadrer fortement la télémédecine, qui ne peut remplacer une présence médicale physique, pour la réserver à des relations ponctuelles entre un médecin traitant et son patient tout en favorisant la présence d’un soignant aux côtés du patient.
  • de rétablir les permanences de soins de premier recours.
  • de dégager du temps médical aux médecins en s’appuyant sur d’autres professionnels de santé dans le cadre de la délégation de tâches et de l’accès direct.
  • de favoriser les configurations (maisons de santé pluriprofessionnelles ou centres de santé) permettant aux professionnels de santé d’exercer en groupe afin d’organiser collectivement la réponse aux besoins de santé de premier recours mais également l’activité dans plusieurs lieux via des cabinets secondaires.

 

« Une opposition aux mesures coercitives permanentes »

L’AMF acte « le constat de l’efficacité limitée des mesures incitatives qui accroissent la concurrence entre les communes ». Dans le même temps, elle joue les équilibristes en « s’opposant aux mesures coercitives permanentes dont les effets pourraient être potentiellement contreproductifs à l’encontre des professionnels de santé » mais en « soutenant un panel de mesures permettant de renforcer la présence médicale sur l’ensemble du territoire ».

Par exemple, des mesures de régulation des médecins généralistes et spécialistes visant à favoriser une meilleure couverture du territoire en matière d’offre de soins, notamment dans les zones sous-dotées ; ou encore, des dispositions destinées à lever les freins à l’installation des professionnels de santé comme faciliter l’exercice mixte ou le cumul emploi-retraite.

 

Une répartition « équilibrée » des docteurs juniors

Quant à la mise en œuvre de la 4e année d’internat de médecine, à laquelle est favorable l’AMF, l’association entend que la répartition des docteurs juniors « soit faite de manière équilibrée et ne soit pas uniquement conditionnée à la capacité des collectivités à dégager des moyens pour accueillir les étudiants ».

Ce qui induit que les zones les plus sous-dotées en offre de soins bénéficient prioritairement de cette réforme, qui est « un levier permettant de faire venir des médecins, voire d’encourager des installations futures ». De leur côté, l’État et l’Ordre des médecins sont invités à « organiser dès à présent » la présence de maîtres de stage sur l’ensemble du territoire.

 

Être plus associés à la définition des politiques locales de santé

Enfin, sur le plan plus politique, les maires souhaitent une présence renforcée des CPAM à leurs côtés, mais aussi être plus étroitement associés par les ARS à la définition des politiques locales de santé.

 

> Voir la note de l’AMF du 6 juin 2025

> Consulter l’article d’Hospimedia

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